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Vie émotionnel
Vie
émotionnel du schizoïde
1-Embrassades et louanges
Si
votre mère vous embrasse vous ne vous sentez pas à l’aise et vous ne lui rendez
pas la pareille.
Si votre sœur ou votre femme vous fait des
mamours vous ne rentrez pas dans le jeu,
vous ne dites aucune de ces bêtises
affectueuses voire même, vous interposez votre bras pour mettre fin à tant
d’effusion affective.
Votre
mère se lamentera peut être de votre attitude. Votre femme ou votre conjoint se
plaindra à n’importe quelle occasion
de
votre manque de démonstration d’affection. Si votre femme est une des personnes
qui a
« besoin » de se sentir aimée et désirée, vous aurez des problèmes.
Les louanges produisent en vous deux
réactions distinctes. D’une part, elles vous ravissent et vous satisfont.
D’autre
part, du point de vue de l’extérieur, la conduite que tous perçoivent de
vous, c’est que vous rejetez l’éloge
ou vous mésestimez son importance, vous êtes
mal à l’aise car vous vous sentez au centre de l’attention
et vous préférez passer inaperçu : une
attitude d’indifférence et une satisfaction invisible.
Parfois,
la satisfaction n’apparaît même pas et tout vous est indifférent.
2-Recevoir et donner de l’affection
Les
personnes, lorsqu’elles reçoivent de l’affection, ressentent une émotion
positive de bien-être.
Elles ont tendance à rendre de l’affection à
ceux qui leur en ont donné. Les schizoïdes, lorsqu’ils reçoivent de
l’affection,
ressentent peu d’émotion et ils renvoient peu
ou pas du tout d’affection. Le schizoïde a peu de capacités
à
recevoir et à donner de l’affection et c’est l’une des explications de son
isolement social.
3-Ni se réjouir ni souffrir
L’une des particularités des schizoïdes c’est sa très faible
capacité à se réjouir. Officiellement on parle d’anhédonie.
Tout cela est vrai
mais il doit être noté un aspect positif dans cette affaire. Les personnes
normales profitent
de beaucoup de choses
alors que nous, nous ne pouvons pas le faire. Cependant, ils souffrent
également beaucoup d’un tas de choses
– l’amitié, la
famille, les réussites ou les défaites professionnelles ...- alors que nous, en
tant que schizoïdes,
nous en souffrons
moins. On se réjouit moins et on souffre moins. On se réjouit de moins de
choses et on souffre aussi pour moins de choses.
4-Douleur causée par la mort de la mère
Mon père et ma mère sont décédés et dans les deux cas, le
désespoir, je l’ai contemplé
à l’extérieur de
moi-même car au fond de moi, c’était un jour comme un autre .
Pendant que mes sœurs étaient désemparées et que l’on voyait mon frère très
affecté, je me suis rendu compte
que je ne ressentais rien, j’étais complètement tranquille.
Comment ai-je aimé ma mère? Comment m’a-t-elle aimé?
5-Les amis
Une des choses
les plus importantes qui font qu’une personne se sent bien, est son cercle d’amis, son réseau de soutien social.
Et cela apparait
depuis son adolescence. Dire de quelqu’un qui n’a pas d’amis, équivaut à le
traiter de bizarre ou de pervers.
Nous, les personnes
schizoïdes, sommes condamnées à vivre
toute notre vie sans amis, depuis tout jeunes jusqu’à un âge avancé.
Pour aucun de nos problèmes, nous ne pourrons jamais
recourir à cette magnifique solution que sont les amis.
Nous pourrons nous
promener mais nous devrons le faire seul, nous pourrons aller durant l’après-midi
boire
une café mais
toujours seuls et lors de tous nos moments de crises nous devrons nous en
sortir seuls.
C’est un dur destin. Si vous n’êtes pas schizoïde, essayez de vous l’imaginer.
6-Celui qui va devenir un ami
Ça
se produit toujours de la même manière: on vous présente quelqu’un, vous parlez
avec cette personne, vous l’appréciez,
elle aussi vous apprécie, d’une façon ou d’une
autre vous arrivez à savoir qu’il en est ainsi mais...
vous
êtes incapable de reparler avec elle, vous évitez autant que vous pouvez de la
rencontrer de nouveau,
spontanément vous partez, vous ne pensez à
rien, simplement vous l’évitez... Si vous tombez sur elle,
vous
la saluez et vous vous éclipsez. Si vous la voyez à votre gauche immédiatement,
vous vous dirigez vers la droite alors qu’on
vous demande ce que vous êtes en train de faire et pourquoi.
En
réalité, ce n’est rien d’autre que le problème habituel. Vous allez au travail.
Au loin vous voyez un camarade.
Vous devrez le saluer et parler avec lui. Eh
bien, vous changez de trottoir. Au moment de vous approcher
à la porte d’entrée vous allez tomber sur un
autre collègue. Eh bien, vous réduisez l’allure de vos pas pour ne pas avoir à
l’aborder.
Vous sortez vous promener. Si vous le faites
dans votre quartier vous allez rencontrer des voisins
et des gens que vous connaissez et en réalité
cela vous met mal à l’aise, alors vous irez vous promener
dans un endroit où personne ne vous connaît.
Tout cela est l’attitude que nous avons avec ceux qui vont devenir nos amis …
7-Répondre rationnellement
Il
y a certains contextes où ce qui serait normal serait de répondre d’une façon
affective. par rapport à la question
posée,
c'est-à-dire
soit en accord, soit en opposition. Mais nous, nous déformerons le sujet et
nous répondrons
de
façon froide, intellectuelle, rationnelle, aseptisée. C’est notre issue de
secours et notre façon de fuir.
8- Le parent absent
Le
schizoïde est un parent absent. C’est le frère qui manque lors des repas de famille.
C’est
le neveu qui ne va pas aux funérailles. C’est le cousin qui ne se rend pas aux
fêtes du village
et
qui se défile à Noël. C’est l’oncle qui ne vous félicite pas pour votre
anniversaire.
Toutes les personnes de la famille sont plus
ou moins présentes mais le schizoïde manque à l’appel .
Il n’exerce pas sa fonction de cousin,
d’oncle, de neveu ni même celui de frère ou de fils. C’est le parent absent.
Bien sûr que, naturellement, les autres vous rendent la pareille. Mais nous ne
faisons pas de cela une tragédie .
Que les vôtres vous ignorent peut vous
déranger mais vous n’en ferez pas un
drame .
9- Froideur et solitude
La
solitude du schizoïde est accompagnée par au moins deux éléments. Le premier
est le mal-être dans les relations sociales,
mais il
y en a un autre, qui est la froideur émotionnelle. Si vous vous approchez de
quelqu’un avec la chaleur émotionnelle correspondante
et qu’il vous répond avec le même ressenti, la
relation a de l’avenir . Si vous percevez de la froideur en l’autre,
cette
attitude refroidit votre propre ressenti : la relation aura alors peu de
recours.
Si,
lorsque n’importe quelle personne vous approche et que vous répondez
sans aucune
émotion parce que c’est l’un des traits
de votre personnalité, vous aurez alors peu d’amis.
10-Ne pas être apprécié
Le
ressenti émotionnel est contagieux. La panique est contagieuse. La peur
également.
Vous pouvez propager la peur autour de vous,
comme vos idées. La joie aussi est contagieuse.
L’émotion
se propage selon ses propres règles. Les gens qui débordent de joie, qui
semblent libres de tous soucis,
sont
sollicités en tant que compagnons . C’est le genre d’émotion qui fait que les gens se sentent bien
auprès de vous .
Les personnes craintives, ayant des problèmes,
sont évitées. C’est le genre d’émotion
qui nous permet de nous sentir mal à l’aise .
Si vous
êtes ici et que vous tentez de vous infiltrer dans la société, vous
constaterez
que vous êtes évité et si vous insistez, vous serez exclu. Vous pouvez alors
avoir l’impression que vous êtes un
pestiféré.
11-Personne ne m’aime...
J’ai eu
une relation sérieuse. Elle est tombée amoureuse de moi et elle a construit
avec amour
et
conviction une vraie relation. La relation a fini par se solidifier, surtout
grâce à elle.
Un jour je lui ai confié: “Jusqu’à ce jour, tu es la première personne qui m’aime”. Oui,
effectivement,
j’ai eu la sensation que personne d’autre
avant ne m’avait aimé et mes parents non plus.
Dans
l’une de mes nombreuses consultations médicales je disais cela au spécialiste.
Le rejet en tant que possibilité.
Effectivement,
ce n’était pas vrai que mes parents ne m’avaient pas aimé, mais en réalité,
c’était la première fois que je me sentais aimé. <Mes parents, froids émotionnellement, n’étaient pas parvenus à me faire croire qu’ils
m’aimaient >
Lors de
certaines occasions mon père faisait solennellement la leçon à ses enfants de
cette façon :
“Si vous
vous mettez dans de sales histoires et on vous emmène en prison, n’attendez pas
de moi
que je vienne vous en sortir” Et moi
j’ai répliqué :”Et s’ils nous détiennent
par erreur, non plus”.
Lorsque
que je suis devenu un jeune homme et un adulte, premièrement, je n’ai jamais
demandé de l’aide à mes parents ;
Et deuxièmement, je n’ai demandé de l’aide à personne. Il y a beaucoup de temps,
une
personne atteinte de personnalité schizoïde disait ceci:
“Personne ne se
soucie de moi, à part ma petite copine” Moi
–même, il m’est arrivé d’avoir cette sensation.
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est aussi ……en espagnol ……..en anglais) (Voir Traitement)
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