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Vivre schizoïde

 

La vie quotidienne des schizoïdes

 

1-Pourquoi tout le monde communique avec tout le monde?

 

Cela m’arrivait fréquemment : je devais assister à des réunions professionnelles de 50-80 personnes,

avec des collègues de travail. Quand j’arrivais dans la salle tout le monde était en train de parler avec tout le monde,

il y avait beaucoup de petits groupes de 3, 5 ou 7 personnes et moi j’étais le seul qui restait dans mon coin.

 Tous s’amusaient beaucoup lors de cette rencontre. En revanche, en ce qui me concerne,

 il m’était impossible d’entrer dans un petit groupe

et personne ne me venait en aide pour faire partie de n’importe quel groupe…

 Ce qui pour tout le monde était si naturel, était impossible pour moi. Tout cela n’était vraiment pas drôle pour moi.

 

 

2- Réclusion ou combat
Certains schizoïdes parviennent au monde et accèdent au marché du travail; ils sortent danser les fins de semaine...

ils doivent remplir leurs devoirs sociaux. Le stress arrive très vite. Et bientôt l’anxiété.

La séquelle inévitable sera un grand mal-être avec une probabilité de troubles physiques et psychiques:
névroses, fatigue, dyspepsies, dysthymie...le prix à payer peut être élevé et parfois même excessif .

D’autres sortent à peine de chez eux. Ils s’adaptent à leur solitude de façon presque totale.

 Ils ne s’immiscent pas dans le monde du travail, ils ne se marient pas. Ils vivent reclus chez eux et parfois même,

reclus dans leur chambre. Ils restent à l’abri d’une tonne de problèmes,

mais le coût de la solitude totale – et parfois de la pénurie financière – peut être aussi très élevé.

 

Les deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients.

 Mais, en général, les nécessités financières sont décisives :

 La situation idéale serait la suivante: -  Une réserve financière -  Connaissance de la condition du schizoïde

  -  Relations sociales minimes  -  Activités en accord avec les aptitudes.  Il existe des cas où de jeunes schizoïdes

 qui, sans revenus, se limitent à rester à la maison, en vivant sur le dos de leurs parents.

3-Compromis

Il est difficile pour le schizoïde d’affronter les compromis qui l’impliquent et l’attachent aux autres personnes

(c'est-à-dire le mariage, la paternité- la maternité, le monde du travail...).Ces compromis imposent une routine

d’interrelations personnelles quotidiennes et inévitables.

 Les relations personnelles (et pire encore, si la relation est avec un groupe)

 peuvent devenir très pénibles. La tension, le stress, la sensation de devenir fou...peuvent surgir  et l’on ne pourra ni fuir,

 ni abandonner. Parfois on arrive à des situations qui s’avèrent désespérées. Les schizoïdes qui se dédient à un métier

 devront prendre un maximum de précautions. Ils auront presque toujours des problèmes en tout genre

 (mobbing, isolement,  discriminations...) et dans tous les cas il y aura le danger d’échouer et de souffrir.

 Il faut fuir les métiers qui vous  confrontent au public et aussi les professions

qui vous obligent à vous impliquer dans une équipe ou un groupe.      

   Il est fondamental que le schizoïde connaisse ses possibilités et ses limites, qui sont assez nombreuses.

 Il est très fréquent que le schizoïde reste célibataire.

Et ceux qui sont en couple peuvent se voir  poussés fortement à la séparation.

 Une fois séparés, ils ne se rendront même pas compte que la raison ultime de cette séparation, a été leur personnalité.

 Ils croiront eux mêmes que la cause fut n’importe quelle autre circonstance anodine .

4-Le téléphone

Le téléphone portable est de trop pour moi. Si j’en avais un, je ne l’utiliserais pas.

En réalité, le téléphone fixe, je ne l’utilise que très peu.

Je passe certains coups de fil à divers organismes et très peu d’autres appels. Dans des périodes de solitude,

 lorsque vous avez eu une relation particulière avec un ami, avec votre mère… et l’histoire s’arrête là.

 Le téléphone sert aussi à recevoir des appels. Mais mon téléphone ne sonne jamais. Personne ne m’appelle.

 Si vous avez une relation durable, l’utilisation du téléphone se limitera à cette seule personne.

Il n’y aura rien de plus. Les appels seront en lien avec une affaire très concrète.

Il ne s’agit pas d’appeler pour savoir comment ça va, parce qu’en ce moment j’ai envie de parler

 avec quelqu’un, pour raconter les derniers potins, parce que je suis rentré chez moi et qu’il n’y a personne,

 parce que je souhaite être en contact avec une certaine personne, pour présenter mes condoléances,

 pour vous souhaiter votre anniversaire... Même la communication téléphonique est difficile pour nous.

5-Lire et écrire

La lecture est un recours très important pour nous. A travers elle, on entre en contact avec une autre personne,

 avec ses connaissances, avec ses émotions, ses besoins, ses déceptions..., et tout cela sans aucun problème.

 L’écriture en revanche, est une autre affaire.  Parfois on profite d’une correspondance personnelle,

 on peut chatter ou passer notre temps sur Messenger si nous sommes entrés en sympathie avec notre interlocuteur-rice.

 De temps à autres, il nous manque l’empathie, la relation écrite est coûteuse pour nous ,

 on se bloque alors sur un forum où il y a beaucoup de monde et nous ne parviendrons pas à aller sur Messenger .

6-Comment se fait-il que les enfants ne soient pas atteints?

Que peuvent bien avoir de plus les enfants qui jouent naturellement avec d’autres enfants bien différents d’eux

 (et l’on dirait qu’ils ne s’en rendent pas compte…), qui rentrent en contact sans aucun problème

avec des personnes diminuées physiquement ou psychiquement,  qui jouent avec des adultes

 si ces derniers s’abaissent à leur niveau et qu’on dirait que ça leur est égal que vous soyez jeune ou vieux…?

 Eh bien les enfants possèdent quelque chose de spécial parce qu’ils provoquent en nous peu ou pas de tension

 et qu’avec eux, nous pouvons jouer, leur raconter des histoires, organiser des activités…

 jusqu’à ce qu’ils arrivent à la puberté et l’enchantement s’arrête là.

7- Comment s’amuser

Bien sûr, pas de la forme la plus conventionnelle. Ne vous mettez pas dans des endroits qui vous sont défavorables

parce que vous perdrez  d’avance la partie . La danse peut être une catastrophe . L’alternance entre le flirt et la drague,

 une activité passionnante surtout pour les autres, peut être pour vous, décevante. Vous verrez qu’il vous manque des ressources,

 que vous êtes maladroit , que , si vous insistez,

vous vous sentirez ridicule et vous échouerez . Bien que tout le monde le fasse ,

 vous ne devez pas vous sentir obligé de suivre le mouvement . De plus, à plusieurs reprises, vous ne vous sentirez pas à l’aise ...

 Alors pourquoi insister? Cherchez plutôt votre propre chemin , celui qui est fait pour vous .

 Ne vous sentez pas obligé d’être comme les autres, comme tout le monde .

8- Participation à des fêtes

Oui , mais pourvu qu’elles soient peu nombreuses.

 La participation à ce genre d’évènements a tendance à nous être peu satisfaisante .

C’est ainsi : peu d’évènements et y passer peu de temps .

 Si vous êtes marié , assistez aux sorties indispensables où participe votre  femme .

 En ce qui concerne la vie sociale, il vaut mieux laisser prendre l’initiative à son conjoint et si c’est possible,

 peu de fois et pour peu de temps . Sauf, si pour n’importe qu’elle raison , vous vous sentez à l’aise :

 vous pouvez alors prendre tout le temps que vous souhaitez. Mais si vous êtes en train de souffrir ,

 levez-vous et étirez les jambes , faites une promenade, allez respirer l’air ,

faites une sieste et oubliez les tous et lorsque vous le pourrez, volatilisez-vous et disparaissez .

 Et faites tout cela de façon polie, sans donner d’explications , avec conviction ;  ne vous excusez pas d’être comme vous êtes

 et ne vous attendez pas à ce qu’on vous comprenne . Dans ces situations là, les endroits ouverts ont un avantage évident :

dans les endroits fermés et petits, il est plus difficile de s’éclipser. Si lors de repas professionnels,

 vous ressentez que ça ne va pas, pourquoi insister? Allez chercher votre bonheur ailleurs .

9-Se sentir bizarre

 

Une sensation très répandue parmi les schizoïdes avant d’avoir pris clairement conscience de leur situation,

est celle de se sentir « bizarre ». Ils veulent être un de plus et ont, comme référent constant,

 celui que la société leur propose et ils se rendent compte qu’ils ne parviennent pas à être ce que l’on attend d’eux.

 Cette sensation peut faire émerger assez d’inquiétude et l’impression d’être hors du jeu.

 L’érosion de leur autoestime est aussi notable : ils peuvent penser que n’importe qui d’autre,

à cause de cette bizarrerie, est supérieur à eux. Prendre conscience que l’on est schizoïde,

 de savoir que ce que l’on a, porte un nom et qu’il existe des gens comme nous,

 représente automatiquement et très fréquemment, un authentique soulagement.

 

10- La promenade

On habite en ville et de temps en temps nous sortons nous promener . Mais se promener aux alentours de chez soi

se révèlera une corvée  parce que nous croiserons des voisins et des personnes que l’on connaît,

 à qui il faut dire “Bonjour” …  et le salut, le fait de rentrer en contact avec quelqu’un , nous est pénible .

Ce serait inutile de tenter d’être aimable, de nous dessiner un faux sourire . Il n’y a pas d’empathie

et rien de bien n’en ressortira. Cependant, les conventions sociales nous obligent , au moins, à saluer .

Les voisins capteront notre dégoût et tout va s’avérer embarrassant . Que faire ?

CERTAINS se promèneront de toute façon en saluant difficilement l’indispensable.

 D’AUTRES  se promèneront sans saluer personne . D’AUTRES  s’enfonceront dans une capuche

 et /ou des lunettes noires et /ou porteront des écouteurs pour entendre de la musique

et passeront sans s’arrêter en faisant en sorte de n’exister pour personne .

 

11- Internet

Pour le schizoïde, faire partie de la société dans laquelle il vit, suppose de grandes difficultés.

 Généralement, il finit par vivre en marge de celle-ci. Cependant, on peut accéder à internet individuellement

 et cela représente une excellente opportunité. On peut choisir les moments et les endroits

 et se socialiser de façon succincte, bien que cela ne puisse pas se substituer à la réalité.

 

12- Supporter et rompre

Ce schéma se répète à maintes reprises : vous êtes dans une situation qui implique un contact personnel .

 La situation vous stresse . Vous voulez y parvenir , vous voulez rester et vous continuez .

 Le stress s’accumule et comme chaque chose a ses limites, une fois celle-ci atteinte, on rompt .

Si vous êtes en train de sortir avec une jeune femme , vous la plantez du soir jusqu’au matin,

sans qu’il n’y ait de raison valable connue . Si vous êtes en groupe, vous disparaissez .

Ceci peut paraître une activité lucrative et avantageuse  mais en réalité, c’est que l’environnement vous est devenu insupportable .

 

Lorsque vous vous rendez compte que vous êtes en train de souffrir vous pouvez essayer de supporter

et ça se passe ainsi durant un certain temps. Un peu plus tard, n’importe quelle raison de continuer disparaît,

 vous vous rendez clairement compte que vous devez fuir et rompre .

 

(Voir Traitement)

 

Page mise en jour Février 2012 .  Copyright (c)

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